Mosaïste par filiation

Les souvenirs de Garance

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Transmettre, verbe transitif : communiquer quelque chose à quelqu’un après l’avoir reçu.

Pour comprendre l’histoire de Garance, il faut remonter 2 générations en arrière. Celle qu’elle appelle “Mémé” est l’une des grandes mosaïstes françaises. Plus connue sous le nom de Martine Lionel Dupont, elle s’est lancée dans cet art un peu par hasard, vers 40 ans, alors qu’elle récupère des tesselles(1) à la sortie d’un chantier. Autodidacte, elle les utilise pour décorer la maison qu’elle est en train de construire avec son mari. Et cela fait sensation. Amis & amis d’amis commencent à lui passer commande et rapidement, Mémé crée des mosaïques pour des grands noms : la Tour d’Argent, l’hôtel Claridge, le siège de Peugeot… 

Pour Garance, nul doute que le destin de Mémé était prédestiné : “la mosaïque, c’est un art à plusieurs facettes, tout comme elle !”. Ses souvenirs de mosaïque remontent aux déjeuners dominicaux : “on allait déjeuner chez elle tous les dimanches, et pour entrer, on passait par son atelier. Petite, cet endroit me fascinait, tout en me semblant inatteignable”. La vie avança sans que la mosaïque ne la titille plus que cela. Son baccalauréat in the pocket, Garance poursuit des études dans les arts du décor à l’école Olivier de Serres à Paris, et commence à travailler dans un atelier spécialisé dans les décors pour l’événementiel et les vitrines de magasins de luxe.

Une nuit, elle se rêve mosaïste et se voit rayonnante de bonheur. Oeuvre de son inconscient ou simple rêve ? Garance l’interprète comme un présage et met fin à son contrat de travail. Au même moment, son grand-père décède et Garance décide alors d’aller vivre chez sa grand-mère. La “meilleure coloc” de sa vie commence alors ! 8 mois de rires et de complicité, mais surtout de formation puisque c’est à ce moment-là que Mémé lui transmet les dessous du métier. Sa “petite élève” comme elle la surnomme, ose alors pénétrer dans l’univers fascinant de sa grand mère. Des journées entières dans son atelier, rythmées par de la musique classique et les gros mots de Mémé. Au mur, un mantra : “toujours reporter au lendemain ce que l’on n’a pas envie de faire”

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Garance et sa grand-mère Martine Lionel Dupont dans l’atelier de celle-ci 

Les premières commandes viennent de ses parents, qui inaugurent au même moment un gîte pour artistes, La Richardière, dans le Pays de la Loire. Peintre et architecte, ils l’ont toujours soutenue. Suivront des commandes pour des particuliers & professionnels, notamment pour un tatoueur connu & reconnu, la faisant gagner en visibilité sur Instagram. Ces premiers coups de pouce lui donnent le courage de se lancer en tant qu’artisan indépendante. 

Alors qu’on compte les mosaïstes français sur les doigts d’une main, Garance sent que cet art attire une génération en manque de métiers manuels : “je reçois beaucoup de demandes pour discuter de mon métier ou pour un stage de formation.” Si Garance a souffert du confinement en raison de l’arrêt de ses fournisseurs et des commandes en attente, elle ne regrette en rien son choix de vie : “J’y ai gagné la confiance qui me manquait adolescente. Je me sens enfin une femme épanouie.”. Autonome dans ses réalisations, elle retourne tout de même chez Mémé régulièrement pour recharger ses batteries : “C’est un peu mon gourou ! Quand j’ai le syndrome de la page blanche, je vais déjeuner chez elle et je me sens reboostée.

Aujourd’hui, Garance transmet à son tour sa passion, notamment à travers des ateliers au PAON.

(1) Petit morceau de marbre, de pierre, de pâte de verre ou de céramique servant de matériau de base d’une mosaïque

Pour en savoir plus sur Garance & ses mosaïques, c’est par ici :

→  Site internet : garancemosaique.com

→  Instagram : @garancemosaique

→  Facebook : @garancemosaique